- Un trimestre ne correspond pas à 3 mois de travail, mais à un niveau de revenu atteint dans l'année : 1 803 € brut en 2026, dans la limite de 4 trimestres par an.
- D'autres trimestres, dits assimilés, s'ajoutent sans cotisation lors d'une maladie, d'un congé maternité, d'une période de chômage indemnisé ou du service national.
- À 67 ans, le taux plein est accordé automatiquement, quel que soit le nombre de trimestres réunis.
Le principe : un seuil de revenu, pas une durée de travail
Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas le nombre de mois travaillés qui détermine le nombre de trimestres validés, mais le montant des revenus soumis à cotisations sur l'année civile. Un salarié qui travaille un mois entier à temps plein payé au SMIC peut ainsi valider deux trimestres d'un coup, tandis qu'une année de temps très partiel peut n'en valider aucun si le seuil annuel n'est pas atteint.
Cette règle s'applique au régime général des salariés, mais aussi aux régimes dits alignés (salariés agricoles relevant de la MSA, indépendants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants).
Le seuil de validation en 2026
| Donnée | Montant 2026 |
|---|---|
| SMIC horaire brut au 1er janvier | 12,02 € |
| Salaire validant 1 trimestre (150 x SMIC horaire) | 1 803 € |
| Salaire validant 4 trimestres | 7 212 € |
| Plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) | 4 005 € |
| Nombre maximum de trimestres validables par an | 4 |
Ce seuil est fixé une fois pour toutes au 1er janvier de l'année et reste valable douze mois, même si le SMIC est revalorisé en cours d'année. Les cotisations retraite étant plafonnées au niveau du PMSS, un salarié ne peut jamais valider plus de deux trimestres au titre d'un seul mois de travail : il faut donc environ deux mois de salaire au niveau du PMSS pour obtenir les quatre trimestres d'une année.
L'évolution du seuil dans le temps
Le mode de calcul a changé plusieurs fois depuis la création du régime général.
| Période | Règle de validation d'un trimestre |
|---|---|
| Depuis le 1er janvier 2014 | 150 fois le SMIC horaire (valeur au 1er janvier de l'année considérée) |
| Du 1er janvier 1972 au 31 décembre 2013 | 200 fois le SMIC horaire |
| Avant le 1er janvier 1972 | Règles antérieures spécifiques (montant trimestriel de l'AVTS, puis conversion en francs), aujourd'hui rarement déterminantes pour un départ en 2026 |
Pour les travailleurs indépendants (artisans, commerçants) affiliés à la Sécurité sociale des indépendants, la même logique s'applique, avec un seuil identique depuis 2014. Depuis 2024, une cotisation minimale calculée sur une assiette équivalente à 450 fois le SMIC horaire garantit la validation d'un socle de trimestres, quel que soit le revenu réel déclaré.
Pour les professions libérales affiliées à la CNAVPL, le régime de base est un régime par points commun à l'ensemble des sections professionnelles. Les trimestres validés avant le 1er janvier 2004 y ont été convertis à raison de 100 points par trimestre, une règle de conversion identique quelle que soit la section professionnelle d'affiliation. Ce sont les régimes complémentaires, gérés séparément par chaque section professionnelle, qui appliquent des paramètres propres à chaque profession.
Les trimestres assimilés : des périodes non travaillées qui comptent quand même
Certaines périodes sans activité professionnelle ouvrent droit à des trimestres, dits assimilés, sans qu'aucune cotisation ne soit versée. Ces trimestres viennent s'ajouter aux trimestres cotisés, toujours dans la limite de quatre par an.
| Situation | Règle de validation |
|---|---|
| Arrêt maladie indemnisé | 1 trimestre pour chaque période de 60 jours d'indemnisation |
| Accident du travail indemnisé | 1 trimestre pour chaque période de 60 jours d'indemnisation |
| Accouchement avant le 1er janvier 2014 | 1 trimestre validé automatiquement, au titre du trimestre civil de l'accouchement |
| Congé maternité ou adoption à compter du 1er janvier 2014 | 1 trimestre pour chaque période de 90 jours d'indemnisation, avec un minimum d'un trimestre par congé |
| Pension d'invalidité | 1 trimestre par trimestre civil comprenant 3 mensualités de la pension |
| Service national | 1 trimestre pour chaque période de 90 jours d'incorporation |
| Chômage indemnisé | 1 trimestre pour chaque période de 50 jours indemnisés |
| Chômage partiel (depuis mars 2020) | 1 trimestre pour 220 heures indemnisées |
| Stages de formation professionnelle (TUC, stages jeunes volontaires, etc.) | 1 trimestre pour chaque période de 50 jours |
Pour les arrêts maladie et les accidents du travail, la comptabilisation se fait par année civile : les jours d'indemnisation qui ne totalisent pas 60 jours sur une année donnée ne sont pas reportés sur l'année suivante, sauf si la période d'indemnisation est encore en cours au 31 décembre.
Au-delà des trimestres liés au congé maternité lui-même, la naissance ou l'adoption d'un enfant ouvre droit à des trimestres de majoration distincts : jusqu'à 4 trimestres au titre de la maternité ou de l'adoption, et jusqu'à 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant, soit 8 trimestres au maximum par enfant. Ces majorations sont abordées plus en détail dans le point de vigilance ci-dessous.
Pour le service national, les périodes sont décomptées de date à date par tranches de 90 jours, avec un arrondi au chiffre supérieur : une année complète de service national (365 jours) valide ainsi 5 trimestres.
Cas des autres régimes de base
Les règles de comptage varient selon le régime d'affiliation.
| Régime | Mode de validation |
|---|---|
| Fonctionnaires (régime de l'État, CNRACL) | 90 jours de services accomplis en tant que titulaire ou stagiaire équivalent à 1 trimestre |
| Clercs et employés de notaires (CRPCEN) | 90 jours de services équivalent à 1 trimestre |
| Avocats (CNBF) | 1 trimestre validé à chaque versement effectif de la cotisation trimestrielle de retraite de base |
| Professions libérales (CNAVPL), depuis 2014 | 150 fois le SMIC horaire, comme au régime général |
| Professions libérales (CNAVPL), avant 2004 | Conversion en points : 100 points valident 1 trimestre, règle commune à toutes les sections professionnelles du régime de base |
Points de vigilance
Le nombre de trimestres cotisés et assimilés est plafonné à 4 par an, même si les revenus perçus dépassent largement le seuil des 7 212 €. Les trimestres excédentaires ne se reportent pas sur une autre année.
Les trimestres de majoration liés aux enfants échappent à cette limite de 4 par an. Il faut distinguer les trimestres cotisés ou assimilés (plafonnés à 4 par année civile) des trimestres de majoration pour maternité, adoption ou éducation, qui sont attribués indépendamment du décompte annuel et peuvent porter le total d'une même année au-delà de 4 trimestres. Un assuré ayant déjà validé ses 4 trimestres par son activité conserve donc le bénéfice plein des majorations liées à un enfant né la même année.
L'année du départ en retraite fait exception : le décompte des cotisations s'arrête à la date de liquidation, et non à la fin de l'année civile. Un salarié qui part le 1er septembre ne peut valider que les trimestres correspondant aux revenus perçus jusqu'au 30 juin, même si son salaire annuel aurait permis d'en valider quatre.
Un trimestre civil travaillé ne garantit rien en soi : c'est le montant cumulé sur l'année qui compte, pas la durée du contrat de travail. Les carrières hachées (missions courtes, temps partiel très réduit) sont les plus exposées au risque de ne valider aucun trimestre certaines années.
Ne pas réunir tous ses trimestres n'empêche pas d'obtenir le taux plein. Même sans avoir validé le nombre de trimestres requis pour sa génération, un assuré qui part à la retraite à 67 ans bénéficie automatiquement du taux plein, sans décote, quel que soit le nombre de trimestres réunis. Ce filet de sécurité concerne particulièrement les carrières hachées ou tardivement commencées, pour lesquelles l'objectif du nombre de trimestres requis peut sembler hors de portée. D'autres situations (inaptitude au travail, invalidité, handicap) permettent aussi d'obtenir le taux plein avant 67 ans sans condition de durée d'assurance.
Il est possible de vérifier son décompte à tout moment via le relevé de carrière, disponible en ligne sur l'espace personnel de l'Assurance retraite ou sur le portail inter-régimes.
Cette fiche présente les règles générales de validation des trimestres. Les régimes spéciaux et les professions libérales à caisses autonomes (médecins, experts-comptables, professions paramédicales, etc.) peuvent appliquer des règles complémentaires ou différentes qui ne sont pas détaillées ici.
Combien de trimestres avez-vous validés ?
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Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : F1761.
- Service-public.gouv.fr : F14044.
- L'Assurance retraite : parentalité et droits à la retraite.
- CNAVPL : comprendre sa retraite.
- L'Assurance retraite
- Info-retraite.fr
Données vérifiées au 1er juillet 2026.
