- La décote réduit le taux de la retraite de base de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, pour un départ avant 67 ans sans tous les trimestres requis.
- La surcote majore la pension déjà calculée au taux plein de 1,25 % par trimestre civil entier travaillé au-delà, sans plafond.
- L'Agirc-Arrco connaît une minoration proche de la décote, mais aucun véritable équivalent de la surcote.
Le principe du taux plein
Pour un salarié du secteur privé, la retraite de base se calcule selon la formule suivante : salaire annuel moyen des 25 meilleures années, multiplié par un taux, lui-même multiplié par le rapport entre trimestres validés et trimestres requis. Ce taux atteint 50 % lorsque l'assuré a droit au taux plein, c'est-à-dire dans l'une de ces deux situations :
- il part avant 67 ans en ayant validé le nombre de trimestres exigé pour sa génération ;
- il part à 67 ans, quel que soit son nombre de trimestres.
En dehors de ces deux cas, une décote s'applique. Le tableau suivant, publié par Service-public.fr, indique l'âge de départ et le nombre de trimestres requis selon l'année de naissance.
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres exigés pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1958 à 1960 | 62 ans | 167 |
| 1961 (avant septembre) | 62 ans | 168 |
| 1961 (à partir de septembre) | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| 1963 à mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Avril à décembre 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| À partir de 1969 | 64 ans | 172 |
Ce tableau correspond aux règles issues de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a suspendu certains effets de la réforme des retraites de 2023. Selon la circulaire de la Caisse nationale d'assurance vieillesse du 5 mars 2026, ces nouveaux paramètres s'appliquent aux pensions dont la date d'effet se situe à compter du 1er septembre 2026. Pour une pension prenant effet avant cette date, ce sont les bornes antérieures qui restent opposables, notamment pour les générations 1964 et 1965. La bascule dépend donc de la date d'effet de la pension choisie par l'assuré, et pas uniquement de son année de naissance. Ce point mérite d'être vérifié précisément avant toute demande de départ.
Comment se calcule la décote
Le nombre de trimestres manquants retenu
L'Assurance retraite retient le plus petit des deux nombres suivants, arrondi au chiffre supérieur, dans la limite de 20 trimestres :
- le nombre de trimestres manquants entre l'âge au moment du départ et 67 ans ;
- le nombre de trimestres manquants entre le nombre de trimestres validés et le nombre de trimestres exigé pour le taux plein.
La solution la plus favorable à l'assuré est toujours retenue.
Un assuré né le 1er juillet 1964 peut partir dès 62 ans et 9 mois. Il lui faut 170 trimestres pour le taux plein, à défaut d'attendre ses 67 ans. S'il choisit de partir à 63 ans avec seulement 159 trimestres, il lui manque 16 trimestres jusqu'à ses 67 ans, mais seulement 11 trimestres jusqu'aux 170 requis. C'est ce dernier chiffre, plus favorable, qui est retenu.
Le taux de la décote
Chaque trimestre manquant réduit le taux de 50 % de 0,625 point. Le tableau suivant présente le taux de pension obtenu selon le nombre de trimestres manquants.
| Trimestres manquants | Taux de la retraite |
|---|---|
| 1 | 49,375 % |
| 2 | 48,750 % |
| 3 | 48,125 % |
| 4 | 47,500 % |
| 5 | 46,875 % |
| 6 | 46,250 % |
| 7 | 45,625 % |
| 8 | 45,000 % |
| 9 | 44,375 % |
| 10 | 43,750 % |
| 11 | 43,125 % |
| 12 | 42,500 % |
| 13 | 41,875 % |
| 14 | 41,250 % |
| 15 | 40,625 % |
| 16 | 40,000 % |
| 17 | 39,375 % |
| 18 | 38,750 % |
| 19 | 38,125 % |
| 20 et plus | 37,500 % |
Reprenons l'exemple précédent. Avec 11 trimestres manquants, le taux tombe à 43,125 %. La pension se calcule alors ainsi : salaire annuel moyen x 43,125 % x nombre de trimestres validés à l'Assurance retraite, le tout divisé par 170. Le salaire annuel moyen, ou SAM, correspond à la moyenne des 25 meilleures années de salaires bruts de la carrière, chaque année étant retenue dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 euros en 2026.
Si la carrière s'est déroulée sur plusieurs régimes, le traitement diffère selon leur nature. Pour les assurés nés à partir de 1953 ayant cotisé à au moins deux des trois régimes dits alignés, à savoir le régime général, la MSA salariés agricoles et la Sécurité sociale des indépendants, la liquidation unique des régimes alignés s'applique depuis le 1er juillet 2017. Dans ce cas, les trimestres validés dans ces différents régimes sont totalisés, dans la limite de quatre par an, pour apprécier le taux applicable, et la pension de base fait l'objet d'un calcul et d'un versement uniques par un seul régime. En dehors de ce périmètre, notamment si la carrière a également compris la fonction publique ou une profession libérale, chaque régime applique ses propres règles de liquidation à la part de pension qu'il verse, même si la durée d'assurance globale, tous régimes confondus, sert à déterminer le taux applicable.
Aucune décote à 67 ans
Une fois 67 ans atteints, la décote disparaît quel que soit le nombre de trimestres validés. La pension reste néanmoins proratisée selon le rapport trimestres validés sur trimestres requis, ce qui n'est pas la même chose qu'une minoration : le taux de 50 % s'applique, mais sur une fraction de carrière incomplète.
Certaines situations ouvrent droit au taux plein avant 67 ans sans condition de trimestres, notamment l'invalidité, l'inaptitude au travail reconnue ou certaines situations de handicap. Le dispositif de carrière longue permet lui aussi un départ anticipé, mais il reste soumis à une double condition de trimestres : avoir commencé à travailler jeune et justifier d'une durée d'assurance cotisée au moins égale à celle exigée pour le taux plein. Ces dispositifs ne sont pas détaillés dans cette fiche et relèvent d'une fiche dédiée.
Comment se calcule la surcote
La surcote fonctionne à l'inverse de la décote. Elle s'applique lorsque l'assuré continue de travailler après avoir atteint à la fois l'âge minimum de départ et le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Chaque trimestre civil entier travaillé au-delà de ce point augmente la pension de 1,25 %, sans plafond.
Contrairement à la décote, qui abaisse le taux de liquidation lui-même, la surcote s'applique directement sur le montant de la pension déjà calculée au taux plein.
Supposons qu'un salarié réunisse les deux conditions du taux plein en juin 2026 et poursuive son activité jusqu'à fin 2027, sans aucune interruption entre-temps. Il cumulerait alors 6 trimestres de surcote, correspondant aux deux derniers trimestres civils de 2026 puis aux quatre de 2027. Le montant de sa pension de base, déjà calculée à taux plein, serait alors majoré de 7,5 % (6 x 1,25 %), à titre définitif. Ce calcul reste une hypothèse d'école : en pratique, le nombre exact de trimestres de surcote dépend de la date précise à laquelle les deux conditions sont réunies et des règles de validation applicables à chaque trimestre.
Seuls les trimestres civils entiers, décomptés à partir du trimestre suivant celui où les deux conditions sont réunies, sont pris en compte. Un salarié qui a déjà tous ses trimestres mais n'a pas encore atteint son âge minimum de départ n'accumule pas de surcote : il continue simplement de cotiser normalement jusqu'à cet âge.
Le cas particulier de la retraite complémentaire Agirc-Arrco
La retraite complémentaire des salariés du privé obéit à une logique voisine mais distincte de celle de la retraite de base, car elle repose sur un système de points et non sur un taux appliqué à un salaire de référence. Elle ne connaît pas de mécanisme de surcote comparable : travailler au-delà du taux plein permet seulement d'accumuler des points supplémentaires selon les cotisations versées, sans coefficient de majoration appliqué en plus sur la pension globale.
Selon la documentation officielle de l'Agirc-Arrco, un coefficient de minoration peut s'appliquer lors de la liquidation de la retraite complémentaire lorsque les conditions d'ouverture des droits à taux plein ne sont pas réunies au régime de base. Ce coefficient dépend de l'âge de l'assuré ou de son nombre de trimestres manquants, selon la solution la plus favorable. Il ne s'agit donc pas d'une conséquence strictement automatique du seul défaut de taux plein au régime de base : le mécanisme s'articule aussi avec les conditions propres à la liquidation de la complémentaire, et des cas d'exonération existent, notamment en cas de carrière longue ou de handicap.
Ce coefficient est distinct de l'ancien coefficient de solidarité, un malus temporaire de 10 % pendant trois ans qui s'appliquait aux salariés partant dès l'obtention du taux plein sans décaler leur départ d'un an. Ce malus a été définitivement supprimé pour l'ensemble des assurés, sans exception : il ne s'applique plus à aucune nouvelle liquidation depuis le 1er décembre 2023, et il a cessé de s'appliquer aux pensions déjà en cours à partir du 1er avril 2024.
Le bonus qui lui était associé, en revanche, n'a pas connu le même sort. Il a disparu pour les assurés nés à compter du 1er septembre 1961 dont la pension de base prend effet depuis le 1er décembre 2023. Il reste toutefois maintenu pour les assurés nés avant cette date, qui réunissaient déjà les conditions du taux plein avant le 1er décembre 2023 sans avoir liquidé leurs droits Agirc-Arrco au 5 octobre 2023.
Points de vigilance
La décote est viagère : une fois appliquée, elle suit la pension jusqu'au décès et ne peut jamais être compensée par une surcote acquise ultérieurement sur d'autres trimestres.
La décote est plafonnée à 20 trimestres manquants, contrairement à la surcote qui n'a pas de limite.
La bascule vers les nouveaux barèmes issus de la LFSS 2026 dépend de la date d'effet de la pension, pas uniquement de l'année de naissance de l'assuré.
Pour les régimes alignés (régime général, MSA salariés agricoles, Sécurité sociale des indépendants), la durée d'assurance retenue pour apprécier le taux applicable est coordonnée entre ces régimes. Chaque régime, y compris ceux non alignés comme la fonction publique ou les professions libérales, applique ensuite ses propres règles de liquidation à la part de pension qu'il verse, et ces règles ne portent pas nécessairement le nom de décote.
La surcote exige la réunion simultanée des deux conditions, l'âge légal et la durée d'assurance requise. Les trimestres cotisés en trop avant d'avoir atteint l'âge légal ne déclenchent aucune surcote et ne majorent pas la pension.
Un dispositif de surcote parentale existe, mais il répond à des conditions d'éligibilité très spécifiques fixées par la loi. Il ne s'agit pas d'une règle de surcote ouverte à l'ensemble des assurés et mérite une vérification individualisée.
La minoration Agirc-Arrco n'est pas une conséquence purement automatique du défaut de taux plein au régime de base : elle dépend aussi des conditions d'ouverture des droits propres à la retraite complémentaire, et des cas d'exonération existent.
Les règles de décote et de surcote diffèrent pour les fonctionnaires et pour les professions libérales, qui appliquent des taux et des conditions propres à leur régime.
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Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : la décote (fiche F19666).
- Service-public.gouv.fr : la surcote (fiche F19643).
- Service-public.gouv.fr : le taux plein (fiche F15396).
- Service-public.gouv.fr : la durée d'assurance (fiche F13845).
- Service-public.gouv.fr : les régimes alignés et la LURA (fiche F21552).
- Agirc-arrco.fr : conditions d'ouverture des droits.
- Legislation.lassuranceretraite.fr : circulaire Cnav 2026-07.
Données vérifiées au 2 juillet 2026.
