- Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans, sous réserve de justifier de 150 trimestres d'assurance et d'exercer une activité à temps partiel.
- Les sommes perçues restent définitivement acquises et les cotisations versées pendant cette période continuent de générer des droits pour la retraite complète.
- Les règles d'accès et de calcul varient sensiblement selon que l'on est salarié, fonctionnaire ou indépendant.
Le principe du dispositif
L'assuré diminue son temps de travail et perçoit en échange une fraction de sa retraite, calculée sur la base des droits acquis à la date de la demande. Il ne s'agit pas d'un complément de salaire au sens strict, mais d'une liquidation provisoire et partielle des droits déjà constitués. Ces sommes restent définitivement acquises : elles ne constituent en aucun cas une avance à rembourser lors du passage à la retraite définitive.
Le dispositif se distingue du cumul emploi-retraite intervenant après une liquidation totale des droits, dans la mesure où la carrière n'est jamais interrompue. Les cotisations prélevées sur le salaire à temps partiel génèrent de nouveaux trimestres et de nouveaux points de retraite complémentaire, intégrés au calcul de la pension définitive. Le cumul emploi-retraite intégral permet lui aussi, depuis le 1er septembre 2023, de générer de nouveaux droits, mais il suppose d'avoir préalablement cessé son activité et liquidé sa retraite à taux plein.
Les conditions à réunir
Trois conditions cumulatives ouvrent le droit à la retraite progressive, mais leur application diffère selon le statut de l'assuré.
| Condition | Salariés du privé | Fonctionnaires titulaires | Travailleurs indépendants |
|---|---|---|---|
| Âge | 60 ans minimum depuis le 1er septembre 2025 | 60 ans minimum depuis le 1er septembre 2025 | 60 ans minimum depuis le 1er septembre 2025 |
| Durée d'assurance | 150 trimestres, tous régimes de base confondus | 150 trimestres, tous régimes de base confondus | 150 trimestres, tous régimes de base confondus |
| Quotité de travail ou baisse de revenu | Temps partiel compris entre 40 % et 80 % | Temps partiel compris entre 50 % et 90 % | Baisse de revenu professionnel selon des règles propres au régime concerné |
Avant le 1er septembre 2025, l'âge d'accès dépendait de l'année de naissance et se situait entre 60 et 62 ans, soit deux ans avant l'âge légal de départ. Les décrets n° 2025-680 et n° 2025-681 du 15 juillet 2025 ont abaissé ce seuil à 60 ans pour l'ensemble des générations. Cet abaissement n'a en revanche modifié ni les règles de quotité de travail applicables aux fonctionnaires, ni celles propres à chaque régime d'indépendants : ces paramètres restent gouvernés par des textes distincts.
Il n'existe aucune limite d'âge maximale : un assuré peut demander une retraite progressive même après avoir dépassé l'âge légal de départ, dès lors que les autres conditions sont satisfaites.
Le cas des fonctionnaires
Les seuils de 50 % à 90 % s'appliquent aux fonctionnaires titulaires des trois versants de la fonction publique. Les agents contractuels de la fonction publique suivent en revanche les règles applicables aux salariés du secteur privé, avec une quotité de travail comprise entre 40 % et 80 %. Les agents à temps non complet ou incomplet peuvent, sous certaines conditions, accéder au dispositif sans réduire leur temps de travail. Le temps partiel thérapeutique reste incompatible avec la retraite progressive, et les militaires n'y ont pas accès.
Le calcul de la quotité pour les salariés du privé
La façon de calculer le pourcentage de temps partiel varie selon la situation contractuelle.
| Situation | Mode de calcul |
|---|---|
| Salarié classique | Nombre d'heures effectuées à temps partiel divisé par le nombre d'heures du temps complet dans l'entreprise, multiplié par 100 |
| Salarié à employeurs multiples | Les quotités de chaque employeur sont additionnées |
| Salarié intermittent | Heures effectuées sur l'année divisées par 1 607 heures, soit la durée légale annuelle, multipliées par 100 |
| Salarié au forfait jours | Nombre de jours effectués divisé par le nombre de jours du forfait applicable, multiplié par 100 |
Pour une durée légale de 35 heures hebdomadaires, la durée de travail à temps partiel ouvrant droit au dispositif se situe entre 14 heures et 28 heures. Pour un forfait jours, le seuil dépend du nombre de jours prévu au contrat individuel : le chiffre de 218 jours correspond au plafond légal d'un forfait annuel complet, mais un forfait peut être fixé à un niveau inférieur par accord collectif. Lorsque le forfait de référence est de 218 jours, l'application stricte de la fourchette de 40 % à 80 % donne des bornes théoriques de 87,2 et 174,4 jours ; les arrondis retenus en pratique peuvent varier selon les caisses.
L'accord de l'employeur est nécessaire pour passer à temps partiel. Depuis la réforme de 2023, il ne peut plus s'y opposer sans motif légitime, et l'absence de réponse dans un délai de deux mois vaut acceptation.
Le montant de la fraction de retraite versée
Pour un salarié, la fraction de pension versée correspond à la différence entre 100 % et la quotité de travail à temps partiel. Un salarié qui passe à 60 % de son temps plein perçoit ainsi 40 % de sa retraite théorique.
Pour un travailleur indépendant, le mode de calcul dépend du régime de retraite concerné et n'obéit pas à une règle unique. Pour les artisans et commerçants relevant de la Sécurité sociale des indépendants, la fraction de pension dépend de la baisse constatée des revenus professionnels par rapport à la moyenne des cinq années précédant la demande. La première année, un versement provisionnel à titre de la moitié de la pension théorique est effectué, faute de données de revenus définitives, avec un ajustement au 1er juillet suivant. Les professions libérales affiliées à la CNAVPL et les autres régimes d'indépendants appliquent des modalités qui leur sont propres : il convient de vérifier les règles spécifiques à la caisse de rattachement avant toute démarche.
Le montant de la retraite entière servant de base au calcul tient compte des règles habituelles de liquidation : salaire annuel moyen, taux applicable, durée d'assurance, ainsi que la décote ou la surcote éventuelles.
La demande
La demande de retraite progressive s'effectue en une seule démarche grâce au service en ligne disponible sur l'espace personnel du compte retraite. L'assuré n'a pas besoin de contacter séparément chaque caisse : sa demande est transmise à l'ensemble des régimes obligatoires de base et complémentaires auxquels il a cotisé, dont l'Agirc-Arrco pour les salariés du privé.
Le dépôt du dossier plusieurs mois avant la date de départ souhaitée n'est pas une condition légale d'éligibilité, mais une recommandation administrative destinée à sécuriser le versement dès la date choisie. L'Assurance retraite recommande un délai d'au moins 5 mois pour bénéficier de cette garantie de versement, et un délai plus long est généralement conseillé pour la partie Agirc-Arrco. La liste des pièces justificatives demandées varie selon la situation de l'assuré et le régime concerné : elle inclut généralement le contrat de travail à temps partiel et une attestation de l'employeur, mais son contenu exact doit être vérifié auprès de chaque caisse.
La retraite complémentaire des salariés du privé
Lorsque la durée d'assurance de l'assuré est inférieure à celle requise pour le taux plein, l'Agirc-Arrco applique un coefficient de minoration temporaire, propre à la retraite progressive et distinct des coefficients appliqués lors d'un départ définitif anticipé. Ce coefficient est fixé par circulaire, en fonction de l'âge et du nombre de trimestres validés à la date d'effet de la retraite progressive.
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Points de vigilance
Les trimestres validés pendant la période de retraite progressive ne dépendent pas du temps de travail effectif, mais du revenu soumis à cotisations. Un salarié peut, avec l'accord de son employeur, choisir de cotiser sur la base d'un temps plein pour préserver ses droits.
La retraite progressive est suspendue si la quotité de travail sort de la fourchette autorisée, en cas de cessation de l'activité à temps partiel, ou en l'absence de réponse au questionnaire de contrôle annuel.
Le dispositif est supprimé définitivement si l'assuré demande sa retraite complète ou reprend une activité à temps plein.
Pour les agents généraux d'assurance affiliés à la Cavamac, la retraite progressive concerne uniquement le régime de base ; le régime complémentaire propre à cette profession n'ouvre pas droit au dispositif.
Pour le régime général, une modification de la quotité de temps partiel en cours de retraite progressive donne lieu à une révision du montant dès le premier jour du mois suivant, sur déclaration à la caisse. Les modalités précises de révision peuvent différer selon le régime de rattachement.
Ce document est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation individuelle doit être vérifiée.
Sources officielles
- Lassuranceretraite.fr : la retraite progressive.
- Lassuranceretraite.fr : demander sa retraite progressive en ligne.
- Lassuranceretraite.fr : cumuler emploi et retraite.
- Info-retraite.fr : la retraite progressive, évolution professionnelle.
- Service-public.gouv.fr : la retraite progressive (fiche F12842).
- Service-public.gouv.fr : fiche F37400.
- Agirc-arrco.fr : conditions d'ouverture des droits.
- Retraitesdeletat.gouv.fr : la retraite progressive dans la fonction publique d'État.
- Legifrance.gouv.fr : décrets n° 2025-680 et n° 2025-681 du 15 juillet 2025.
- Cavamac.fr : cumul emploi-retraite des agents généraux d'assurance.
Données vérifiées au 2 juillet 2026.
