- Trois régimes se superposent : un régime de base commun aux professions libérales, un régime complémentaire propre à la CARCDSF, et une PCV pour les praticiens conventionnés.
- L'âge légal suit les règles générales, mais chaque régime applique ses propres seuils pour la décote, la surcote et la réversion.
- Le repère commun des 67 ans ne signifie pas que les trois régimes fonctionnent de manière identique, la réversion en étant l'exemple le plus net.
Une caisse, trois régimes de retraite
La Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes existe sous cette forme depuis 2009, année où deux caisses distinctes ont fusionné. Elle appartient aux dix sections professionnelles rattachées à la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales. Cette dernière gère le régime de base commun à toutes les professions libérales et en fixe les paramètres : âge légal, durée d'assurance, décote, surcote. La CARCDSF, elle, garde la main sur son propre régime complémentaire et, pour les praticiens conventionnés, sur les prestations complémentaires de vieillesse.
L'affiliation devient obligatoire dès qu'un chirurgien-dentiste ou une sage-femme exerce en libéral, même à titre accessoire.
| Régime | Ce qu'il couvre | Qui cotise |
|---|---|---|
| Régime de base des libéraux (RBL) | Socle commun à toutes les professions libérales, géré par la CNAVPL | Tous les affiliés |
| Régime complémentaire (RC) | Propre à la CARCDSF | Tous les affiliés |
| Prestations complémentaires de vieillesse (PCV) | Financé aux deux tiers par l'Assurance maladie | Praticiens conventionnés uniquement |
À titre d'ordre de grandeur, et non de règle garantie par les textes, le régime de base représente en moyenne un quart de la pension totale d'un chirurgien-dentiste, contre la moitié pour une sage-femme. Le régime complémentaire pèse davantage chez le chirurgien-dentiste, où il constitue près de la moitié de la pension. Ces proportions varient selon la carrière, le niveau de revenus et la durée de conventionnement.
Les cotisations en 2026
Le régime de base est entièrement proportionnel aux revenus, sur deux tranches. Depuis la réforme de l'assiette sociale des professions libérales, le taux de la première tranche est passé de 8,23 % à 8,73 % à compter de la régularisation des cotisations 2025, effectuée lors de la campagne déclarative d'avril 2026.
| Régime | Assiette | Taux 2026 |
|---|---|---|
| RBL, tranche 1 | Jusqu'à 48 060 euros, soit un plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) | 8,73 % |
| RBL, tranche 2 | De 0 à 240 300 euros, soit cinq fois le PASS | 1,87 % |
Une cotisation minimale s'applique quel que soit le revenu : elle ne peut être inférieure à 450 fois le SMIC horaire, soit 573 euros en 2026, ce qui permet de valider trois trimestres.
Le régime complémentaire combine une part forfaitaire et une part proportionnelle.
| Élément | Montant ou taux 2026 |
|---|---|
| Cotisation forfaitaire | 3 210,60 euros, donnant droit à 6 points |
| Cotisation proportionnelle | 11,35 % des revenus compris entre 0,65 et 5 fois le PASS, soit entre 31 239 et 240 300 euros |
Les affiliés dont les revenus professionnels nets de l'année précédente sont inférieurs à 65 % du PASS, soit 31 239 euros pour 2026, peuvent demander une réduction de cette cotisation forfaitaire.
Les prestations complémentaires de vieillesse concernent uniquement les praticiens conventionnés, avec un mécanisme de financement partagé qui diffère selon la profession.
| Profession | Cotisation forfaitaire à charge du praticien | Cotisation forfaitaire prise en charge par la CPAM | Total forfaitaire |
|---|---|---|---|
| Chirurgien-dentiste | 1 663,60 euros | 3 327,20 euros | 4 990,80 euros |
| Sage-femme | 260 euros | 520 euros | 780 euros |
Pour les chirurgiens-dentistes, une cotisation proportionnelle de 0,725 % s'ajoute, prise en charge à parts égales entre le praticien et l'Assurance maladie, dans la limite de cinq fois le PASS.
Une dispense de cotisation à la PCV existe dans les deux professions, mais l'année de référence des revenus diffère. Pour les chirurgiens-dentistes, la dispense s'apprécie sur les revenus de l'année précédente (N-1) si ceux-ci sont inférieurs ou égaux à un seuil fixé annuellement. Pour les sages-femmes, elle s'apprécie sur les revenus de l'avant-dernière année (N-2), avec un seuil distinct. Cette dispense entraîne l'annulation des droits pour l'année concernée, sans possibilité de rachat des points non cotisés.
Âge de départ et taux plein
L'âge légal suit les règles générales applicables à l'ensemble des assurés. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu la montée en charge de la réforme de 2023 pour les générations nées entre 1964 et 1968, mais cette suspension ne s'applique qu'aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Un départ antérieur reste soumis au calendrier initial, plus défavorable.
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|---|
| Septembre à décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Janvier à mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Avril à décembre 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
L'âge de 67 ans reste un repère commun aux trois régimes, mais son fonctionnement varie. Sur le régime de base, le taux plein s'obtient à 67 ans, ou plus tôt dès que le nombre de trimestres requis pour la génération est validé, tous régimes confondus. Sur le régime complémentaire comme sur la PCV, le taux plein statutaire n'est atteint qu'à 67 ans, sans condition de trimestres propre à ces deux régimes.
La décote
Une pension liquidée avant l'âge du taux plein, sans que la durée d'assurance requise soit atteinte, subit un abattement définitif.
| Régime | Minoration | Plafond |
|---|---|---|
| Régime de base | 1,25 % par trimestre manquant | 15 %, soit 12 trimestres, à partir de la génération 1968 |
| Régime complémentaire | 1,25 % par trimestre manquant jusqu'à 67 ans | Aucun plafond de pourcentage fixé par les statuts |
| PCV | 1,25 % par trimestre manquant jusqu'à 67 ans | Aucun plafond mentionné dans les sources officielles consultées |
Sur le régime de base, le calcul retient le plus favorable entre le nombre de trimestres manquants pour atteindre 67 ans et celui manquant pour atteindre la durée d'assurance requise.
Départs anticipés sans décote
Plusieurs situations permettent d'obtenir le taux plein avant l'âge de référence.
| Situation | Régime de base | Régime complémentaire | PCV |
|---|---|---|---|
| Inaptitude à l'exercice de la profession | Taux plein dès 62 ans | Taux plein dès 62 ans | Taux plein dès 62 ans |
| Un an d'anticipation par enfant mis au monde, dans la limite de cinq enfants | Non concerné | Concerné, exemple : deux enfants ouvrent le taux plein dès 65 ans | Non concerné |
| Taux plein automatiquement transposé si le régime de base est liquidé à taux plein avant 67 ans | Sans objet | Non concerné directement | Concerné : le taux plein du régime de base s'applique aussi à la PCV |
| Carrière longue, sous conditions de durée d'assurance selon l'âge de début d'activité | Concerné, sur étude personnalisée | Suit les règles propres du régime | Suit les règles propres du régime |
| Travailleur handicapé, incapacité permanente d'au moins 50 % | Concerné | Maintien du taux plein dès 65 ans à défaut d'autres conditions | Non détaillé dans les sources consultées |
| Parent d'enfant handicapé, sous conditions de majoration de trimestres | Maintien du taux plein dès 65 ans | Maintien du taux plein dès 65 ans | Non détaillé dans les sources consultées |
Le dispositif d'anticipation d'un an par enfant est propre au régime complémentaire. Il n'existe pas d'équivalent direct sur le régime de base ou sur la PCV, où seule la transposition automatique du taux plein du régime de base peut jouer.
La surcote
Poursuivre son activité au-delà de l'âge du taux plein permet d'augmenter sa pension, avec des règles différentes selon les régimes.
| Régime | Majoration | Plafond |
|---|---|---|
| Régime de base | 0,75 % par trimestre entre 2004 et le 30 septembre 2023, puis 1,25 % à partir du 1er octobre 2023 | Aucun plafond mentionné dans les sources consultées |
| Régime complémentaire | 1,25 % par trimestre civil cotisé au-delà de 67 ans, pour les adhérents qui poursuivent leur activité sans avoir liquidé leurs droits dans ce régime | 25 trimestres |
| PCV | Aucune majoration identifiée liée à la seule poursuite d'activité au-delà de 67 ans dans les sources consultées | Sans objet |
Une surcote parentale, réservée aux générations nées à partir de 1964, peut porter la majoration du régime de base jusqu'à 5 %. Elle suppose d'avoir liquidé sa retraite dès l'âge légal minimum, d'avoir validé au moins un trimestre au titre de la maternité, de l'adoption ou de l'éducation d'un enfant, et de justifier d'une durée d'assurance supérieure au nombre de trimestres requis pour sa génération.
Majoration pour trois enfants
Un adhérent ayant eu au moins trois enfants, ou ayant élevé au moins trois enfants pendant neuf ans avant leurs seize ans, bénéficie d'une majoration de 10 % sur sa pension. Cette majoration s'applique sur les trois régimes : le régime de base, le régime complémentaire, et pour les chirurgiens-dentistes, la PCV.
La réversion
Les règles diffèrent nettement entre le régime de base et les deux autres régimes gérés par la CARCDSF.
| Condition | Régime de base | Régime complémentaire et PCV |
|---|---|---|
| Durée de mariage minimale | Aucune | Deux ans, sauf dérogations statutaires non détaillées dans les sources consultées |
| Âge minimum | 55 ans, ou 51 ans si le décès est survenu avant le 1er janvier 2009 | 65 ans, ou 60 ans en cas d'inaptitude, ou 60 ans par anticipation avec décote pour le seul régime complémentaire |
| Condition de ressources | Oui, plafond variable selon la situation familiale | Non |
| Montant | 54 % de la pension du défunt sous condition de ressources | 60 % des droits acquis par le défunt |
| Effet du remariage | Aucun effet, la pension continue d'être due | Perte définitive du droit à la pension |
Dans les trois régimes, en cas de divorces successifs, la pension est partagée entre le conjoint survivant et les précédents conjoints divorcés non remariés, au prorata de la durée de chaque mariage. Sur le régime de base, ce partage s'applique que les précédents conjoints soient remariés ou non.
Base, complémentaire, PCV : vos trois pensions chiffrées
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Points de vigilance
Chaque régime applique ses propres règles de décote, de surcote, d'âge et de réversion. Le repère commun des 67 ans ne signifie pas que les trois régimes fonctionnent de manière identique, la réversion en étant l'exemple le plus net.
Le seuil PASS utilisé pour une donnée dépend toujours de l'année de référence des revenus concernés. Confondre le PASS 2025 (47 100 euros) et le PASS 2026 (48 060 euros) fausse les calculs de seuils et de cotisations proportionnelles.
L'année de référence des revenus pour la dispense de cotisation à la PCV n'est pas la même selon la profession : N-1 pour les chirurgiens-dentistes, N-2 pour les sages-femmes.
La PCV ne concerne que les praticiens conventionnés. Un praticien non conventionné n'y cotise pas et ne perçoit donc pas cette troisième pension.
La nature exacte des dérogations à la condition de deux ans de mariage pour la réversion du régime complémentaire et de la PCV n'est pas précisée dans les sources officielles consultées. Ce point mérite d'être vérifié directement auprès de la caisse avant toute application individuelle.
Les montants de cotisations et les valeurs de point évoluent chaque année. Les chiffres 2026 de cette fiche doivent être recontrôlés avant toute utilisation, en particulier depuis la réforme de l'assiette des cotisations sociales des professions libérales, qui a modifié le taux de la première tranche du régime de base.
La suspension de la réforme des retraites de 2023 ne s'applique qu'aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Un départ antérieur reste soumis au calendrier initial de la réforme, plus défavorable pour certaines générations.
Sources officielles
- Carcdsf.fr : quels régimes composent ma retraite.
- Carcdsf.fr : à quel âge demander ses droits.
- Carcdsf.fr : le montant des cotisations.
- Carcdsf.fr : présentation de l'affiliation.
- Carcdsf.fr : le régime de base des libéraux.
- Carcdsf.fr : régime complémentaire et PCV.
- Cnavpl.fr : le régime de base.
- Cnavpl.fr : présentation de la CNAVPL.
- Service-public.gouv.fr : actualité relative aux professions libérales.
- Legifrance.gouv.fr : texte réglementaire de référence.
Données vérifiées au 7 juillet 2026.
